JOHANN ZARCO SE RAPPROCHE DE SON RETOUR EN MOTOGP, MAIS IL LUI RESTE UN DERNIER TEST CRUCIAL

Trois mois après son crash en Catalogne, Johann Zarco accélère sa préparation pour un retour en MotoGP dès septembre. Entre Andorre et Lyon, un ultime test décidera de sa présence au Grand Prix de Saint-Marin.

Sa chute en Catalogne a glacé tout le paddock. Quand Johann Zarco s’est retrouvé au sol le 17 mai, genou gauche en vrac, beaucoup ont cru que sa saison de MotoGP venait de s’arrêter là. Rupture du ligament croisé antérieur, atteinte d’autres ligaments, ménisque touché, petite fracture du péroné : le bilan médical n’avait rien d’anodin, surtout pour un pilote qui sollicite ses appuis à chaque virage.

Trois mois plus tard, le Français est pourtant de retour sur une moto, en pleine montée en puissance entre Supermotard et séances en altitude en Andorre. L’objectif reste clair : retrouver la Castrol Honda LCR au Grand Prix de Saint-Marin mi-septembre. Mais avant d’enfiler à nouveau sa combinaison pour un week-end complet, il lui reste un ultime passage obligé, ce fameux test qui décidera vraiment de son retour.

De la chute en Catalogne au pari médical de Johann Zarco

Tout est parti de ce gros highside au Grand Prix de Catalogne, le 17 mai 2026, qui a envoyé Johann Zarco à l’hôpital pour une nuit d’observation avant un rapatriement en France. Les examens détaillés ont confirmé une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche, une atteinte du ligament croisé postérieur et du ligament collatéral médial, une lésion du ménisque médial et une petite fracture de la fibula. Un genou lourdement touché pour un pilote qui encaisse en permanence freinages violents et changements d’angle.

Le dossier a ensuite été pris en charge à Lyon, au Centre Orthopédique Santy, par le docteur Bertrand Sonnery-Cottet, spécialiste de ce type de blessure. Dans un premier temps, le scénario envisagé passait par une opération et une longue convalescence, avec le risque de sacrifier presque toute la campagne 2026. Puis, le 1er juillet, une nouvelle série d’IRM a changé la donne : le ligament croisé postérieur et le ligament collatéral médial cicatrisaient mieux que prévu, même si le ligament croisé antérieur restait rompu.

Le staff médical a alors choisi une autre voie, sans chirurgie, avec un programme intensif de renforcement musculaire et de rééducation. Quelques jours plus tard, le double champion du monde Moto2 confiait déjà "je bouge normalement", expliquait Johann Zarco à L'Équipe, soulagé de pouvoir relancer un vrai travail de sportif.

Le Supermotard pour retrouver progressivement les sensations

Une fois la phase de repos passée, le pilote Castrol Honda LCR a enchaîné les séances de musculation et de vélo pour regagner de la force autour de son genou gauche. Puis est venu le moment de remonter sur une moto, avec un choix réfléchi : un Supermotard. Cette machine lui permettait d’adopter une position plus droite, plus confortable, et surtout de limiter les contraintes sur l’articulation. Après trois mois sans rouler, l’idée n’était pas de forcer, mais de retrouver les automatismes par étapes, en restant prudent sur la durée et l’intensité des séries.

Ce travail s’est poursuivi en Andorre, sur le circuit de Pas de la Casa. Là-haut, Johann Zarco s’est entraîné avec Adrien Van Beveren, référence en motocross et rallye-raid. Les deux Français ont enchaîné les séances, sur la moto et en dehors, avec notamment des sorties à vélo que le pilote MotoGP a intégrées depuis longtemps à sa rééducation. Ces journées ont permis au Français de retrouver du rythme et des sensations, tout en observant comment réagit son genou aux efforts répétés.

Un genou encore douloureux avant le test décisif à Lyon

Selon les médias spécialisés, l’articulation gonfle encore par moments et les chocs, comme les vibreurs ou les secousses quand la moto se met à glisser, restent douloureux. Le Français peut reposer le genou au sol, mais pas encore encaisser sans réserve une intensité de « week-end de GP », soulignait Le Dauphiné en reprenant les propos de son entourage médical.

C’est là qu’entre en jeu le dernier test qui conditionne son vrai retour. Dans les prochaines semaines, de nouveaux bilans sont prévus à Lyon auprès du docteur Bertrand Sonnery-Cottet pour vérifier la stabilité du genou, la force musculaire et surtout la réaction de l’articulation après des séances soutenues. L’objectif est clair : prouver que le genou peut tenir un week-end complet de course, du premier tour des essais libres au drapeau à damier du dimanche, sans gonflements majeurs ni douleur ingérable. « Mon kiné dit que c'est optimiste mais faisable », confiait Johann Zarco au Dauphiné, conscient que la fenêtre de tir est étroite mais bien réelle.

Misano en ligne de mire pour retrouver enfin le MotoGP

Dans le meilleur des cas, ce feu vert médical et sportif lui permettrait d’être au départ du Grand Prix de Saint-Marin sur le Misano World Circuit Marco Simoncelli, course prévue le 13 septembre dans le week-end du 11 au 13. Le Français retrouverait alors sa Honda RC213V avec, en plus, un double long lap penalty à purger pour son implication dans l’accident de Barcelone, un handicap supplémentaire dès son retour.

Si le genou réclame encore un peu de temps, un report vers le Grand Prix d’Autriche, programmé la semaine suivante, reste dans les cartons. Tout se jouera donc dans ce dernier test, entre Andorre, Lyon et la piste, là où le Français espère valider pour de bon son retour en MotoGP.

2026-08-18T14:12:36Z